Jusqu'à quel point doit-il pousser la réflexion afin de bâtir un produit de qualité? Est-ce qu'il est présomptueux de croire qu'il est nécessaire pour celui qui est l'avocat de l'utilisateur d'être tenu au fait de chacune des étapes de conception? Est-ce qu'il n'est pas plus facile de simplement proposer des recommandations à implanter plutôt que de changer le monde?
Je réfléchis de plus en plus à l'implication et le changement qu'amène l'expérience utilisateur dans une organisation, surtout du fait que je crois profondément que la culture de celle-ci renforce ou affaiblit de façon singulière le succès du produit qui ressort de son usine à pixels.
Si le travail est important pour l'architecte UX qui désire s'assurer que l'expérience soit ce qu'il y a de plus enivrant, il y a de fortes chances qu'il soit dépassé par les défis qu'amène son désir profond d'assumer une même solide expérience de développement pour l'équipe avec qui il travaille. Ces questions sont importantes pour celui que vous lisez car la recherche de l'environnement idéal a consumé dans le passé plusieurs de ses relations de travail jusqu'aux cendres. Pourquoi? Parce que je crois que les valeurs que propose le design centré sur l'utilisateur impliquent forcément une ouverture vers l'humain et un contrat mutuel entre les membres de l'équipe qui demande une cohésion remarquable des valeurs et des pratiques. Si elle est absente de l'ADN d'une organisation ou d'une relation d'affaires, je risque fort d'abandonner le navire.
Par exemple, demander un produit de qualité sans exiger à l'interne l'irréprochabilité équivaut à nager à contresens pour l'entreprise qui tente d'amener le produit/service à son summum. Pour s'améliorer, il faut donc faire des concessions et gagner sur les plateformes les plus productives pour l'utilisateur. Mais à quel prix?
Sans surprise, les enjeux ne se passent pas sur les terrains communs. Ce n'est pas en peaufinant sans cesse un visuel jusqu'aux derniers pixels que l'expérience s'améliorera. Ce n'est pas non plus en assurant une main mise serrée sur l'échéancier et sur les responsabilités de chacun qu'on assurera la réussite du projet. Ni même en exigeant des tests plus complexes sur un groupe nombreux. Plusieurs initiatives amènent l'organisation plus rapidement vers le succès parfois comme en misant simplement sur une communication interne des besoins réels qui soutiennent les folles exigences du client ou une profonde réflexion sur les objectifs à long terme du projet. Cette discipline devient un levier puissant qui amène l'expérience à un autre niveau.
Mais il y a les bases qu'exige un bon processus UX. Ces bases doivent être respectées et vous devez trouver celles qui conviennent à votre organisation, à sa culture et aux gens qui la tiennent en vie. Pour ma part, j'ai un fort besoin présentement d'assurer que les retombées derrière les demandes du client sont bien entendues, bien comprises et bien traduites à tous ceux qui participeront à son développement.
Il s'agira pour ma part ensuite de diriger l'ensemble du travail sur des bases plus scientifiques, avec des données fiables et impartiales pour m'assurer que nous répondons bien aux exigences toujours plus hautes du client.
Finalement tout se développera autour de la confiance que les clients auront dans leur assurance qu'une bonne expérience utilisateur est une fondation importante car elle soutient la santé dans l'évolution de leur entreprise.
Encore beaucoup de questions et autant de défis.